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Patrimoine

Revenus complémentaires à la retraite : rachats, rente, SCPI ou viager

Transformer un capital en revenus réguliers est un métier différent de celui qui consiste à le constituer. Entre rente garantie, retraits programmés et loyers, chaque solution a sa fiscalité et son risque.

8 min de lecture Mis à jour le Par l'équipe éditoriale Komparix
Femme en rendez-vous avec un conseiller en gestion de patrimoine dans un bureau lumineux

Une fois à la retraite, la question n'est plus de faire grossir le patrimoine mais d'en tirer un revenu régulier, le plus longtemps possible, en payant le moins d'impôt possible et, si vous le souhaitez, en transmettant le reste. Ce guide passe en revue les principales sources de revenus complémentaires, leur fiscalité et leurs limites, puis propose une logique d'ordre de retrait. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé.

Combien de revenus complémentaires faut-il à la retraite ?

Le besoin se calcule comme la différence entre vos dépenses projetées et vos pensions de base et complémentaires, telles qu'indiquées sur votre relevé info-retraite. Pour la plupart des cadres, l'écart se situe entre 500 et 1 500 € par mois. La règle de prudence consiste à ne retirer chaque année que 3,5 à 4 % de son capital financier, afin qu'il résiste 25 à 30 ans : un capital de 300 000 € finance ainsi environ 900 à 1 000 € par mois à titre indicatif.

Les rachats programmés sur une assurance-vie

Le rachat programmé consiste à retirer automatiquement chaque mois ou chaque trimestre une somme fixe de son contrat. Seule la part de gains comprise dans chaque retrait est imposable ; après huit ans, elle bénéficie d'un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule et de 9 200 € pour un couple, puis d'un prélèvement de 7,5 % jusqu'à 150 000 € de versements, auquel s'ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux. Exemple : un contrat de 200 000 € composé à 30 % de gains, dont on retire 700 € par mois, génère 8 400 € de rachats dont environ 2 500 € de gains, intégralement couverts par l'abattement. L'impôt sur le revenu est nul ; seuls les prélèvements sociaux sont dus. Le capital reste disponible et transmissible avec la fiscalité avantageuse de l'assurance-vie.

La rente viagère : sécurité contre irréversibilité

La rente viagère transforme définitivement un capital en revenu versé jusqu'au décès, quelle que soit la longévité. À 65 ans, le taux de conversion se situe, à titre indicatif, entre 3,5 et 4,5 % : 100 000 € donnent environ 300 à 370 € par mois, avec une réversion possible au conjoint moyennant une rente réduite. La fiscalité est favorable pour les rentes issues d'une assurance-vie ou d'un PEA : seule une fraction est imposable, 40 % si la rente débute entre 60 et 69 ans, 30 % à partir de 70 ans. L'inconvénient est l'aliénation du capital, qui ne revient plus aux héritiers, et une revalorisation souvent inférieure à l'inflation.

Le PER à la retraite : capital, rente ou les deux ?

Le plan d'épargne retraite offre le choix entre une sortie en capital, en une ou plusieurs fois, une rente viagère ou un mélange des deux. Lorsque les versements ont été déduits, le capital retiré est imposé au barème de l'impôt sur le revenu et les gains au prélèvement forfaitaire de 30 % ; la rente est imposée comme une pension après abattement de 10 %. Étaler les retraits en capital sur plusieurs années permet de rester dans une tranche d'imposition basse, en particulier les premières années de retraite où les revenus chutent. La rente convient aux épargnants qui privilégient la sécurité et n'ont pas d'objectif de transmission pour cette poche.

Les SCPI : des loyers sans gestion

Les sociétés civiles de placement immobilier versent des revenus trimestriels issus de la location d'immeubles de bureaux, de commerces, de santé ou de logistique. Le rendement distribué se situe, à titre indicatif, entre 4 et 6 % brut selon les SCPI. Détenues en direct, elles génèrent des revenus fonciers imposés à la tranche marginale plus 17,2 % de prélèvements sociaux ; logées dans une assurance-vie, elles bénéficient de la fiscalité du contrat. Acheter la nue-propriété de parts dix ans avant la retraite permet de récupérer la pleine propriété, et donc les revenus, au moment où l'on en a besoin. Les parts ne sont pas garanties en capital et la revente peut prendre plusieurs mois.

L'immobilier locatif et le meublé

Un bien locatif remboursé à la retraite procure un loyer régulier, revalorisé avec l'indice des loyers. En location meublée au régime réel, l'amortissement réduit fortement l'imposition pendant de longues années. En contrepartie, l'immobilier demande une gestion, expose à la vacance et aux travaux, et reste peu liquide : vendre un appartement pour financer une dépense imprévue prend des mois. Beaucoup de retraités arbitrent progressivement une partie de leur immobilier vers des actifs plus simples à gérer, ou confient la gestion à un professionnel.

Le viager et la vente de la nue-propriété de sa résidence

Pour les propriétaires dont le patrimoine est concentré dans leur logement, deux solutions libèrent des liquidités tout en permettant d'y rester. Le viager occupé combine un bouquet versé à la signature et une rente mensuelle à vie, exonérée d'impôt à hauteur de 70 % lorsque le vendeur a plus de 69 ans. La vente de la nue-propriété avec réserve d'un droit d'usage et d'habitation apporte un capital immédiat, en général 40 à 60 % de la valeur du bien selon l'âge, sans rente. Dans les deux cas, le bien ne sera pas transmis aux héritiers, ce qui mérite une discussion familiale préalable. Le prêt viager hypothécaire, qui permet d'emprunter sur la valeur du logement sans le vendre, est une troisième voie, plus coûteuse en intérêts.

Tableau comparatif des solutions

SolutionRégularité du revenuFiscalité indicativeCapital transmisLiquidité
Rachats programmés assurance-vieFixée par vous, modulableFaible après 8 ans grâce à l'abattementOui, hors successionÉlevée
Rente viagèreGarantie à vieFraction imposable de 30 à 40 %Non, sauf réversionNulle
PER en capital fractionnéFixée par vousBarème sur le capital, 30 % sur les gainsOuiÉlevée
SCPI en directTrimestrielle, variableRevenus fonciers : tranche marginale + 17,2 %OuiMoyenne à faible
Immobilier meublé au réelMensuelle, variableFaible pendant l'amortissementOuiFaible
Viager ou nue-propriété de sa résidenceRente à vie ou capital uniqueRente exonérée à 70 % après 69 ansNonSans objet

Dans quel ordre puiser dans son patrimoine ?

  1. Commencer par les enveloppes les moins taxées à la sortie : PEA de plus de cinq ans, assurance-vie de plus de huit ans dans la limite de l'abattement annuel.
  2. Étaler les retraits du PER sur les premières années de retraite, lorsque le taux marginal est au plus bas.
  3. Conserver les contrats d'assurance-vie les plus anciens et les plus chargés en gains pour la transmission, et puiser dans les plus récents.
  4. Garder une poche sécurisée équivalant à deux ou trois ans de retraits pour ne jamais vendre d'actifs risqués en période de baisse.
  5. Envisager une rente viagère sur une fraction du capital vers 70 à 75 ans, âge auquel les taux de conversion deviennent nettement plus favorables.

Ces principes se personnalisent : situation familiale, patrimoine immobilier, état de santé et objectif de transmission changent l'ordre optimal. Un conseiller partenaire indépendant (CIF) peut modéliser plusieurs scénarios ; Komparix vous met en relation sans fournir elle-même de conseil.

Simulez vos revenus de retraite année par année sur un simple tableau : pensions, retraits par enveloppe, impôt estimé. Vous verrez immédiatement les années où un retrait supplémentaire fait changer de tranche, et celles où une donation ou un rachat important peut être réalisé à moindre coût.

Questions fréquentes

Les rachats préservent le capital, la souplesse et la transmission, mais exposent au risque de longévité. La rente garantit un revenu à vie au prix de l'aliénation du capital. Beaucoup de retraités combinent les deux : une rente couvrant les dépenses incompressibles, des rachats pour le reste.

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