La prévoyance regroupe les garanties qui protègent la personne, par opposition à la mutuelle qui rembourse des frais de santé. Elle intervient en cas d'incapacité de travail (indemnités journalières), d'invalidité (rente) et de décès (capital ou rente pour les proches). Les salariés en bénéficient souvent partiellement via leur convention collective ; les indépendants, eux, en sont presque toujours dépourvus.
Un indépendant en arrêt maladie perçoit de la Sécurité sociale une indemnité plafonnée à environ 60 € par jour, après trois jours de carence, et à condition d'avoir un revenu suffisant. Pour un chef d'entreprise qui gagne 4 000 € par mois, c'est une perte de plus de la moitié de ses revenus, sans compter les charges fixes de l'activité.
Les trois garanties d'un contrat de prévoyance
Incapacité temporaire de travail
Versement d'indemnités journalières complémentaires après une franchise (de 0 à 90 jours selon le contrat), pendant une durée maximale de 1 095 jours, jusqu'à votre niveau de revenu habituel.
Invalidité
Rente versée en cas d'invalidité permanente, totale ou partielle, jusqu'à la retraite. Vérifiez le barème utilisé (professionnel, fonctionnel ou croisé) et le seuil de déclenchement (souvent 33 %).
Décès
Capital versé aux bénéficiaires, rente de conjoint, rente éducation pour les enfants jusqu'à la fin de leurs études. Permet de rembourser les dettes et de maintenir le niveau de vie du foyer.
Prévoyance TNS : indispensable et déductible
Pour les artisans, commerçants, professions libérales et gérants majoritaires, la prévoyance est le premier contrat à souscrire, avant même l'optimisation de la mutuelle. Le cadre Madelin permet de déduire les cotisations du bénéfice imposable (dans la limite de 3,75 % du bénéfice + 7 % du PASS, plafonné à 3 % de 8 PASS), ce qui réduit le coût réel de 11 à 45 %.
Les professions libérales relevant d'une caisse spécifique (CARPIMKO, CARMF, CIPAV…) ont des régimes obligatoires très hétérogènes : un bilan précis des prestations de votre caisse est indispensable avant de calibrer le contrat.
Salariés et cadres : faut-il compléter la prévoyance d'entreprise ?
Les cadres bénéficient obligatoirement d'une prévoyance décès financée par l'employeur (1,50 % de la tranche A). Les conventions collectives prévoient souvent un maintien de salaire partiel en cas d'arrêt. Mais ces garanties sont calculées sur le salaire brut plafonné et cessent avec le contrat de travail. Un contrat individuel est pertinent si vous avez un crédit important, des enfants, un conjoint sans revenu ou une rémunération variable élevée.
Combien coûte un contrat de prévoyance ?
Le tarif dépend de l'âge, de la profession (classes de risque), du revenu à garantir, de la franchise et des options. À titre indicatif, un consultant indépendant de 35 ans garantissant 3 000 € par mois d'indemnités journalières avec franchise de 30 jours, une rente invalidité et un capital décès de 150 000 € paiera entre 60 et 110 € par mois, avant déduction Madelin. Un artisan du bâtiment paiera sensiblement plus, un profession libérale de bureau moins.
Questions fréquentes
La mutuelle rembourse des frais de santé (consultations, lunettes, hôpital). La prévoyance verse un revenu de remplacement ou un capital quand vous ne pouvez plus travailler, ou à vos proches en cas de décès. Les deux sont complémentaires.
Dernière mise à jour : . Contenu rédigé par l'équipe éditoriale Komparix et relu au regard de la réglementation en vigueur. Les montants indiqués sont des ordres de grandeur non contractuels.
