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Patrimoine

Assurance-vie ou PER : lequel choisir selon votre situation ?

Les deux enveloppes se ressemblent beaucoup à l'intérieur, mais leur logique fiscale est opposée. La réponse dépend presque entièrement de votre tranche d'imposition et de votre horizon.

8 min de lecture Mis à jour le Par l'équipe éditoriale Komparix
Femme en rendez-vous avec un conseiller en gestion de patrimoine dans un bureau lumineux

Deux enveloppes, une logique fiscale inversée

L'assurance-vie et le PER permettent tous deux d'investir sur un fonds en euros et des unités de compte, chez les mêmes assureurs, avec des frais comparables. La différence tient à la fiscalité. L'assurance-vie n'offre aucun avantage à l'entrée mais une fiscalité douce à la sortie après 8 ans et une disponibilité permanente. Le PER offre une déduction immédiate des versements mais bloque l'épargne jusqu'à la retraite et impose le capital à la sortie.

CritèreAssurance-viePER individuel
Avantage fiscal à l'entréeAucunVersements déductibles du revenu imposable
DisponibilitéTotale, à tout momentBloqué jusqu'à la retraite (sauf cas légaux)
Fiscalité à la sortieGains seuls imposés ; abattement 4 600 / 9 200 € après 8 ansCapital imposé au barème, gains à 30 %
Transmission152 500 € par bénéficiaire hors successionIdem si PER assurance et décès avant 70 ans
Public idéalTous, dès le premier euro épargnéTMI ≥ 30 %, horizon > 10 ans

Le calcul qui tranche : votre taux aujourd'hui contre votre taux à la retraite

Le PER est gagnant quand votre tranche marginale actuelle est supérieure à celle que vous aurez à la retraite. Un cadre à 41 % qui sera imposé à 30 % une fois retraité gagne 11 points d'impôt sur chaque euro versé, en plus de la capitalisation du gain fiscal pendant 20 ans. Un contribuable à 11 % aujourd'hui, qui restera à 11 %, ne gagne que le report d'imposition : l'assurance-vie, plus souple, sera préférable.

Trois cas concrets

Camille, 29 ans, 2 400 € nets, TMI 11 %

Priorité à l'assurance-vie : ouvrir le compteur fiscal des 8 ans, investir progressivement en ETF, garder l'épargne disponible pour un apport immobilier. Le PER pourra venir plus tard, quand la tranche montera à 30 %.

Mehdi et Sarah, 42 ans, 7 500 € nets à deux, TMI 30 %

Combinaison : PER au niveau du plafond disponible (l'économie d'impôt immédiate de 30 % est réinvestie), assurance-vie pour les projets à moyen terme et la transmission aux enfants. Les plafonds des deux conjoints peuvent être mutualisés.

Isabelle, 56 ans, profession libérale, TMI 41 %

PER prioritaire avec le plafond majoré des indépendants, sortie prévue en capital fractionné sur plusieurs années à la retraite pour rester en tranche basse. Assurance-vie pour la transmission, avec versements avant 70 ans.

Pourquoi ne pas avoir les deux ?

C'est en réalité la configuration la plus fréquente chez les épargnants accompagnés : le PER capte l'effort d'épargne défiscalisable, l'assurance-vie reçoit le reste et sert de réserve disponible. Dans les deux cas, la qualité du contrat (frais, supports, solidité de l'assureur) compte autant que le choix de l'enveloppe.

Questions fréquentes

Un dispositif temporaire l'a permis jusqu'en 2023 avec un abattement doublé ; il n'existe plus. Il est possible de racheter l'assurance-vie et de verser sur le PER, mais la fiscalité du rachat s'applique.

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