PER à la retraite : sortie en capital, en rente ou mixte et fiscalité
La vraie fiscalité du PER se joue à la sortie. Capital en une fois, capital fractionné, rente ou combinaison : chaque option a ses règles, et la différence d'impôt peut être considérable.

Le plan d'épargne retraite (PER) séduit par la déduction fiscale des versements. Mais cette déduction n'est qu'un report : au moment de la retraite, l'épargne récupérée est imposée, selon des règles qui dépendent du mode de sortie choisi et de la déduction ou non des versements à l'entrée. Ce guide, pédagogique, détaille chaque option. Les supports du PER présentent un risque de perte en capital, et Komparix ne fournit aucun conseil en investissement : un conseiller partenaire indépendant (CIF) peut simuler votre situation précise.
Quand peut-on débloquer son PER ?
Le PER individuel est disponible à compter de la liquidation de vos droits à la retraite dans un régime obligatoire, ou à l'âge légal de départ. Rien ne vous oblige à le liquider immédiatement : vous pouvez laisser l'épargne investie et la retirer plus tard, en une ou plusieurs fois. Avant la retraite, des cas de déblocage anticipé existent : acquisition de la résidence principale (pour les versements volontaires), invalidité, décès du conjoint, surendettement, expiration des droits au chômage, cessation d'activité non salariée après liquidation judiciaire.
Sortie en capital, en rente ou mixte : les trois options
- Sortie en capital : vous récupérez tout ou partie de l'épargne, en une fois ou de façon fractionnée sur plusieurs années.
- Sortie en rente viagère : l'assureur vous verse un revenu garanti jusqu'à votre décès, avec options possibles (réversion au conjoint, annuités garanties, rente par paliers).
- Sortie mixte : une partie en capital, le reste converti en rente, dans les proportions que vous choisissez.
- Cas particulier des versements obligatoires (anciens contrats d'entreprise de type article 83 transférés) : la sortie se fait en rente, sauf rente de faible montant qui peut être versée en capital.
Quelle fiscalité pour la sortie en capital ?
Le capital se décompose en deux parts : les versements effectués et les gains générés. Si les versements ont été déduits de votre revenu imposable à l'entrée, la part correspondant aux versements est imposée au barème progressif de l'impôt sur le revenu, sans l'abattement de 10 % applicable aux pensions, et les gains au prélèvement forfaitaire unique de 30 % (12,8 % d'impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux). Si vous aviez renoncé à la déduction, la part des versements est exonérée et seuls les gains supportent le prélèvement de 30 %.
Quelle fiscalité pour la sortie en rente ?
Pour les versements déduits, la rente est imposée comme une pension de retraite : barème progressif après abattement de 10 %, et prélèvements sociaux au taux applicable aux pensions, de l'ordre de 10 %. Pour les versements non déduits, la rente relève du régime des rentes viagères à titre onéreux : seule une fraction est imposable selon votre âge au premier versement (70 % avant 50 ans, 50 % de 50 à 59 ans, 40 % de 60 à 69 ans, 30 % à partir de 70 ans), avec des prélèvements sociaux de 17,2 % sur cette fraction.
| Mode de sortie | Versements déduits à l'entrée | Versements non déduits à l'entrée |
|---|---|---|
| Capital, part des versements | Barème de l'impôt sur le revenu, sans abattement de 10 % | Exonérée |
| Capital, part des gains | PFU 30 % (ou barème sur option) | PFU 30 % (ou barème sur option) |
| Rente viagère | Barème après abattement de 10 %, prélèvements sociaux des pensions (environ 10 %) | Fraction imposable selon l'âge (30 à 70 %), prélèvements sociaux 17,2 % sur cette fraction |
| Sortie mixte | Chaque part suit son régime | Chaque part suit son régime |
Exemple chiffré : 100 000 € sur un PER
Un retraité détient 100 000 € sur son PER, dont 70 000 € de versements déduits et 30 000 € de gains. Sa tranche marginale d'imposition à la retraite est de 30 %. Sortie en capital en une fois : les 70 000 € s'ajoutent à ses revenus, dont une partie bascule probablement dans la tranche à 41 %, et les 30 000 € de gains supportent 9 000 € de prélèvement forfaitaire. Sortie fractionnée sur cinq ans : 14 000 € de versements imposés chaque année, restant dans la tranche à 30 %, soit environ 4 200 € d'impôt par an, plus le prélèvement sur la part de gains de chaque retrait. Sortie en rente : à 65 ans, 100 000 € produisent à titre indicatif une rente de 4 000 à 4 500 € par an, imposée comme une pension. Montants indicatifs, hors effets de seuil et de décote.
Capital ou rente : comment choisir ?
Le choix dépend de quatre facteurs : votre espérance de vie et votre état de santé (la rente est d'autant plus intéressante que vous vivez longtemps), vos autres revenus garantis (pension de base et complémentaire), votre souhait de transmettre (le capital non consommé se transmet, la rente s'éteint sauf réversion) et votre tranche d'imposition à la retraite. La sortie fractionnée en capital est souvent le compromis le plus souple : elle lisse l'impôt, laisse l'épargne investie et préserve la transmission, mais elle ne protège pas contre le risque de vivre très longtemps, ce que seule la rente garantit.
Les réflexes avant de liquider son PER
- Attendez une année où vos revenus sont plus faibles (première année complète de retraite, par exemple) pour commencer les retraits.
- Fractionnez les retraits pour rester dans votre tranche marginale actuelle.
- Sécurisez progressivement l'allocation vers des supports moins volatils dans les années précédant la sortie.
- Comparez le taux de conversion en rente proposé par votre assureur ; il varie sensiblement d'un contrat à l'autre.
- Vérifiez l'intérêt de ne pas liquider du tout : en cas de décès avant 70 ans, le PER assurance bénéficie d'un régime successoral proche de l'assurance-vie.
- Si une partie des versements n'a pas été déduite, conservez les justificatifs : l'assureur doit distinguer les compartiments.
Rien n'oblige à choisir définitivement au premier retrait. Vous pouvez effectuer un retrait partiel en capital une année, un autre deux ans plus tard, puis convertir le solde en rente : la souplesse du PER est un atout fiscal si elle est planifiée.
Questions fréquentes
Non. Vous pouvez le conserver investi aussi longtemps que vous le souhaitez et choisir le moment des retraits en fonction de vos revenus et de votre fiscalité. Vous pouvez même continuer à y verser.
Passer à l'action
Comparez gratuitement et recevez des offres adaptées à votre situation.
Parler à un conseiller