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Assurance

TAEA : comprendre le taux d'assurance emprunteur et son coût réel

0,34 % ou 0,10 % : derrière un écart de quelques dixièmes de point se cachent des milliers d'euros sur la durée d'un prêt. Voici comment lire un taux d'assurance emprunteur et calculer ce qu'il coûte vraiment.

7 min de lecture Mis à jour le Par l'équipe éditoriale Komparix
Jeune couple riant devant sa nouvelle maison, clés à la main, voiture garée dans l'allée

L'assurance représente souvent le deuxième poste de coût d'un crédit immobilier après les intérêts, et parfois le premier lorsque les taux de crédit sont bas. Pourtant, son prix est présenté de manière peu lisible : taux annuel, mensualité en euros, coût total, TAEA. Ce guide explique ce que mesure chaque indicateur et comment les utiliser pour comparer deux contrats sur une base juste.

Qu'est-ce que le TAEA ?

Le taux annuel effectif de l'assurance (TAEA) est un indicateur réglementaire, obligatoire depuis 2015 sur toute offre et toute publicité d'assurance emprunteur. Il exprime le coût de l'assurance sous la forme d'un taux annuel comparable au taux du crédit. Il se calcule comme la différence entre le taux annuel effectif global (TAEG) du prêt avec assurance et le TAEG du même prêt sans assurance. Si votre crédit affiche un TAEG de 3,80 % avec assurance et de 3,45 % sans, le TAEA est de 0,35 %.

L'intérêt du TAEA est de neutraliser les différences de mode de calcul entre assureurs : qu'une cotisation soit calculée sur le capital initial ou sur le capital restant dû, le TAEA ramène tout à un taux annuel moyen sur la durée du prêt. Il doit figurer, avec le coût total en euros et le coût mensuel, sur la fiche standardisée d'information (FSI) que la banque et l'assureur sont tenus de vous remettre.

Capital initial ou capital restant dû : quelle différence ?

Les contrats de groupe proposés par les banques calculent le plus souvent la cotisation sur le capital initial : le pourcentage s'applique à la somme empruntée au départ, et la mensualité d'assurance est fixe pendant toute la durée du prêt. Les contrats individuels en délégation calculent plus fréquemment la cotisation sur le capital restant dû : elle diminue au fil des remboursements, mais le taux affiché est plus élevé car il s'applique à une base qui décroît. Et elle peut évoluer avec l'âge de l'assuré.

Mode de calculTaux affiché (indicatif)MensualitéCoût total sur 20 ans (200 000 €)
Capital initial, 0,30 %0,30 %50 € constantsenviron 12 000 €
Capital restant dû, 0,55 %0,55 % sur le capital restantenviron 92 € la première année, puis dégressiveenviron 11 500 €
Capital restant dû, 0,30 %0,30 % sur le capital restantenviron 50 € la première année, puis dégressiveenviron 6 300 €

Comparer un taux « capital initial » à un taux « capital restant dû » n'a donc aucun sens : seul le coût total sur la durée, ou le TAEA, permet de trancher. Un contrat sur capital restant dû est particulièrement intéressant si vous envisagez un remboursement anticipé ou une revente dans les dix premières années, période où les cotisations sont les plus élevées.

Quel est le taux moyen d'une assurance emprunteur ?

Le taux dépend d'abord de l'âge à la souscription, puis du statut fumeur, de la profession, des garanties retenues et du type de contrat. À titre indicatif, pour un prêt immobilier classique assuré en décès, PTIA, invalidité et incapacité, les taux observés sur capital initial se situent dans les fourchettes suivantes :

Âge à la souscriptionContrat de groupe bancaireDélégation d'assurance
25 à 30 ans0,25 à 0,35 %0,05 à 0,12 %
30 à 40 ans0,30 à 0,40 %0,08 à 0,20 %
40 à 50 ans0,35 à 0,50 %0,20 à 0,40 %
50 à 60 ans0,45 à 0,70 %0,35 à 0,65 %
Plus de 60 ans0,60 à 1 % et plus0,55 à 1 % et plus

Les contrats de groupe mutualisent les risques entre tous les clients de la banque, d'où des tarifs relativement uniformes et avantageux pour les profils âgés ou à risque. Les contrats individuels segmentent finement et favorisent les emprunteurs jeunes, non fumeurs et sans antécédent : c'est pour eux que l'écart est le plus important.

Comment calculer le coût total de son assurance de prêt ?

  1. Pour un contrat sur capital initial : capital emprunté × taux annuel × durée en années × quotité. Exemple : 200 000 € × 0,34 % × 20 ans × 100 % = 13 600 €, soit 56,67 € par mois.
  2. Pour un contrat sur capital restant dû : additionnez les cotisations du tableau d'amortissement de l'assurance, que l'assureur doit vous fournir. En l'absence de tableau, une approximation consiste à prendre environ 55 % du coût qu'aurait le même taux appliqué au capital initial.
  3. Pour un couple, faites le calcul pour chaque tête avec sa propre quotité et son propre taux, puis additionnez.
  4. Comparez le total obtenu au coût total figurant sur la FSI : il doit correspondre. En cas d'écart, demandez des explications.
Ne comparez jamais deux offres sur le seul taux ou la seule mensualité de la première année. Demandez systématiquement le coût total en euros sur la durée du prêt et le TAEA, qui figurent obligatoirement sur la fiche standardisée d'information. Ce sont les deux seuls chiffres directement comparables.

Pourquoi le taux d'assurance pèse autant dans le coût du crédit ?

Sur un prêt de 200 000 € à 3,5 % sur 20 ans, les intérêts représentent environ 78 000 €. Une assurance à 0,34 % sur capital initial ajoute 13 600 €, soit près de 15 % du coût total du crédit. Lorsque les taux de crédit étaient proches de 1 %, l'assurance pesait parfois autant que les intérêts. Un passage de 0,34 % à 0,12 % grâce à une délégation ramène le coût à 4 800 € sur l'exemple, soit une différence de l'ordre de 8 800 € sur la durée, à garanties équivalentes. Ces chiffres sont indicatifs et dépendent de chaque profil.

Le taux n'est pas tout : vérifier les garanties derrière le chiffre

  • Le mode d'indemnisation de l'incapacité : forfaitaire (la mensualité est prise en charge quelle que soit votre perte de revenu) ou indemnitaire (uniquement la perte réelle, après déduction des indemnités de prévoyance).
  • La franchise en cas d'arrêt de travail : 30, 90 ou 180 jours avant le premier versement.
  • La définition de l'invalidité : incapacité d'exercer votre profession ou toute profession.
  • Les exclusions : affections dorsales et psychiques sans hospitalisation, sports à risque, professions exposées.
  • La couverture à l'étranger et la durée maximale de prise en charge.

La banque ne peut refuser une délégation d'assurance que si les garanties ne sont pas équivalentes à celles de son contrat, sur la base de critères listés sur la FSI. Un taux plus bas ne doit donc jamais s'accompagner d'une couverture inférieure sur ces critères. Komparix, plateforme de comparaison et de mise en relation, permet de confronter les offres de ses partenaires sur le coût total comme sur les garanties, puis d'être mis en relation avec un conseiller partenaire habilité.

Questions fréquentes

Oui, lorsque l'assurance est exigée par la banque pour accorder le prêt, son coût est intégré au TAEG, qui ne doit pas dépasser le taux d'usure. Le TAEA isole la part de l'assurance dans ce TAEG global.

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