Quotité assurance emprunteur : 100/100, 50/50 ou 70/30, comment choisir ?
La quotité détermine quelle part du prêt l'assurance rembourse si l'un des emprunteurs décède ou devient invalide. Entre 50/50 et 100/100, la cotisation double et la protection aussi. Comment arbitrer ?

Lorsqu'un couple emprunte, la banque demande de répartir l'assurance de prêt entre les deux têtes : c'est la quotité. Ce choix, souvent fait en quelques secondes au moment de la signature, engage pourtant la sécurité financière du foyer pendant vingt ou vingt-cinq ans. Il mérite un calcul simple que nous détaillons ici.
Quotité d'assurance emprunteur : définition
La quotité est le pourcentage du capital emprunté couvert par l'assurance pour chaque emprunteur. Elle s'exprime en points, et la somme des quotités doit être au minimum de 100 % du prêt : la banque exige que le capital soit intégralement assuré au moins une fois. Pour un emprunteur seul, la quotité est forcément de 100 %. Pour un couple, elle peut aller de 50/50 (chacun est assuré pour la moitié) à 100/100 (chacun est assuré pour la totalité), en passant par toutes les répartitions intermédiaires : 60/40, 70/30, 80/20.
Concrètement, si le co-emprunteur assuré à 30 % décède, l'assureur rembourse 30 % du capital restant dû à la banque, et le survivant continue à payer les mensualités sur les 70 % restants. S'il était assuré à 100 %, le prêt est soldé et le survivant n'a plus rien à rembourser.
100/100, 50/50, 70/30 : exemple chiffré
Prenons un couple qui emprunte 250 000 € sur 25 ans, avec une mensualité de crédit d'environ 1 250 € hors assurance. Dix ans plus tard, le capital restant dû est d'environ 170 000 €. Voici ce qui se passe au décès de l'un des deux selon la quotité retenue :
| Quotité du conjoint décédé | Capital remboursé par l'assureur | Capital restant pour le survivant | Mensualité restante (indicative) |
|---|---|---|---|
| 100 % | 170 000 € | 0 € | 0 € |
| 70 % | 119 000 € | 51 000 € | environ 375 € |
| 50 % | 85 000 € | 85 000 € | environ 625 € |
| 30 % | 51 000 € | 119 000 € | environ 875 € |
La question à se poser est donc simple : le survivant pourra-t-il assumer seul la mensualité restante, avec un seul revenu, les charges du logement et éventuellement des enfants ? Si la réponse est non, la quotité du conjoint concerné est trop basse.
Combien coûte une quotité de 100/100 par rapport à 50/50 ?
La cotisation d'assurance est proportionnelle à la quotité. Avec un taux annuel de 0,25 % du capital initial pour chaque tête, un prêt de 250 000 € assuré 50/50 coûte environ 26 € par mois par personne (52 € pour le couple), soit près de 15 600 € sur 25 ans. Assuré 100/100, le coût double : environ 104 € par mois et 31 000 € sur la durée. Ces montants sont indicatifs ; ils varient fortement avec l'âge, l'état de santé, le statut fumeur et surtout avec le choix entre contrat de groupe de la banque et délégation d'assurance.
Avant de réduire la quotité pour économiser, comparez d'abord les contrats : passer du contrat de groupe à une délégation d'assurance permet souvent de couvrir 100/100 pour un coût proche, voire inférieur, à celui d'un 50/50 chez la banque. Vous gagnez en protection sans dépenser plus.
Comment choisir sa quotité en couple ?
Il n'existe pas de bonne quotité universelle. Le choix dépend de la structure des revenus, de la capacité de chacun à rembourser seul et de la présence d'enfants. Trois situations types :
- Revenus équivalents, pas d'enfant, logement revendable facilement : 50/50 est défendable si chacun peut assumer la moitié restante, mais 70/70 ou 80/80 apporte une marge appréciable pour un surcoût limité.
- Revenus déséquilibrés (par exemple 70 % et 30 % des ressources du foyer) : la logique veut que la personne qui gagne le plus soit assurée à hauteur de sa part, soit 70/30. Mais si le conjoint aux revenus modestes décède, le survivant garde 70 % du prêt avec les frais de garde en plus. Beaucoup de couples préfèrent 100/50 ou 100/70.
- Enfants à charge, un seul revenu principal, ou volonté de ne laisser aucune dette : 100/100. Le survivant conserve le logement sans mensualité, quel que soit le conjoint touché.
Pensez aussi à l'invalidité et à l'incapacité de travail, pas seulement au décès. En cas d'arrêt de travail long du conjoint le mieux rémunéré, l'assurance prend en charge les mensualités à hauteur de sa quotité uniquement. Un 70/30 protège donc mal si c'est la personne à 30 % qui est touchée et que le ménage comptait sur ses revenus.
Peut-on changer la quotité en cours de prêt ?
Oui, mais avec l'accord de la banque, qui vérifie que le capital reste assuré à 100 % au total. Une hausse de quotité peut nécessiter un nouveau questionnaire de santé pour la personne concernée. Depuis la loi Lemoine, vous pouvez par ailleurs changer d'assurance emprunteur à tout moment : c'est l'occasion de revoir la répartition en même temps que le contrat, par exemple après une naissance, un changement de poste ou le passage à temps partiel de l'un des deux.
Dans le cas d'une séparation, le co-emprunteur qui conserve le bien doit généralement reprendre le prêt seul (désolidarisation), avec une quotité de 100 % sur sa seule tête et une nouvelle étude d'assurance.
Les erreurs à éviter
- Choisir 50/50 par défaut parce que c'est « équitable » : l'équité n'a rien à voir avec la capacité de remboursement du survivant.
- Assurer à 100 % uniquement la personne qui gagne le plus et oublier la valeur économique du conjoint qui gère les enfants.
- Raisonner sur la mensualité d'assurance sans la rapporter au capital remboursé en cas de sinistre.
- Ne jamais revoir la quotité alors que la situation familiale ou professionnelle a changé.
Sur Komparix, vous pouvez comparer les offres d'assurance emprunteur de nos partenaires pour différentes quotités et être mis en relation avec un conseiller partenaire habilité. Komparix est une plateforme de comparaison et de mise en relation ; elle n'est pas intermédiaire d'assurance et ne délivre pas de conseil personnalisé.
Questions fréquentes
La banque peut exiger que le total des quotités atteigne au moins 100 %, et certaines recommandent fortement le 100/100. Elle ne peut toutefois pas vous l'imposer comme condition du prêt si le capital est intégralement couvert ; la répartition reste votre décision.
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