Aller au contenu
komparix.
Patrimoine

Fonds en euros ou unités de compte : garantie, rendement, répartition

Sécurité d'un côté, potentiel de rendement et risque de perte de l'autre : la bonne répartition entre fonds en euros et unités de compte dépend d'abord de la date à laquelle vous aurez besoin de l'argent.

7 min de lecture Mis à jour le Par l'équipe éditoriale Komparix
Femme en rendez-vous avec un conseiller en gestion de patrimoine dans un bureau lumineux

Toute assurance-vie multisupport propose deux familles de supports : le fonds en euros, dont le capital est garanti par l'assureur, et les unités de compte, dont la valeur évolue avec les marchés. Choisir entre les deux, ou plutôt les doser, est la décision la plus structurante pour votre contrat. Ce guide présente le fonctionnement de chacun et des repères de répartition. Il ne constitue pas un conseil en investissement : les unités de compte comportent un risque de perte en capital, et seul un conseiller partenaire indépendant (CIF) peut établir une allocation adaptée à votre situation.

Fonds en euros : définition et fonctionnement

Le fonds en euros est un portefeuille géré par l'assureur, composé majoritairement d'obligations d'États et d'entreprises, complétées d'immobilier et d'une poche d'actions. L'assureur garantit le capital investi (parfois net de frais de gestion, parfois brut, ce qui change légèrement la garantie) et les intérêts acquis chaque année sont définitivement acquis : c'est l'effet cliquet. Le rendement est annoncé en début d'année suivante ; à titre indicatif, les taux moyens servis ces dernières années se situent autour de 2,5 %, avec des écarts importants entre contrats et des bonus conditionnés à une part d'unités de compte. Les prélèvements sociaux de 17,2 % sont retenus chaque année.

Unités de compte : définition et risques

Une unité de compte (UC) est un support dont l'assureur garantit le nombre de parts, mais pas leur valeur. Il peut s'agir de fonds actions ou obligataires, d'ETF, de SCPI, de SCI, d'OPCI ou de produits structurés. Le potentiel de rendement est supérieur à long terme, mais les baisses peuvent être fortes : les marchés actions ont connu des reculs de 30 à 50 % certaines années. Les prélèvements sociaux ne sont dus qu'au rachat, ce qui favorise la capitalisation. Les principales familles d'unités de compte, du moins au plus volatil :

  • Fonds monétaires et obligataires court terme : faible volatilité, rendement proche des taux à court terme.
  • Fonds obligataires et fonds diversifiés prudents : volatilité modérée, sensibles aux variations de taux.
  • Immobilier collectif (SCPI, SCI, OPCI) : revenus réguliers, liquidité parfois limitée, valeur des parts qui peut baisser.
  • Fonds actions et ETF larges : potentiel élevé à long terme, baisses marquées possibles à court terme.
  • Fonds sectoriels, émergents, produits structurés : volatilité forte ou mécanismes complexes, à manier avec précaution.

Quelle différence entre fonds en euros et unités de compte ?

CritèreFonds en eurosUnités de compte
Garantie du capitalOui, par l'assureurNon, risque de perte en capital
Rendement indicatif2 à 3,5 % par an selon les contratsVariable : 4 à 7 % en moyenne historique pour les actions, négatif certaines années
Horizon recommandéCourt à moyen terme8 ans et plus pour les supports actions
Prélèvements sociauxChaque annéeAu rachat seulement
LiquiditéImmédiate (sauf cas exceptionnel prévu par la loi Sapin 2)Quelques jours, plusieurs semaines pour certaines SCPI
Frais de gestion0,5 à 1 % par an0,5 à 1 % par an, plus les frais du support

Pourquoi le fonds en euros ne suffit plus toujours

Pendant vingt ans, le fonds en euros a offert rendement et sécurité à la fois. Avec des taux servis proches de l'inflation, il protège le capital nominal mais pas toujours le pouvoir d'achat sur longue période. C'est la raison pour laquelle la plupart des épargnants ayant un horizon de huit ans et plus y associent une part d'unités de compte, en acceptant une volatilité intermédiaire. L'inverse est tout aussi vrai : pour un projet à deux ou trois ans, la sécurité du fonds en euros reste sans équivalent dans l'assurance-vie.

Quelle répartition selon votre horizon ?

Les répartitions ci-dessous sont des repères pédagogiques, inspirés des profils de gestion couramment proposés, et non des recommandations personnalisées. Votre tolérance au risque, vos autres placements et votre situation fiscale peuvent justifier des choix différents.

Horizon et objectifFonds en eurosUnités de compteCommentaire
Moins de 3 ans (apport immobilier, projet proche)90 à 100 %0 à 10 %La priorité est de ne pas perdre
3 à 8 ans (projet à moyen terme)60 à 80 %20 à 40 %UC plutôt diversifiées et peu volatiles
8 à 15 ans (épargne long terme)30 à 60 %40 à 70 %Part actions significative, versements réguliers
Plus de 15 ans (retraite, transmission)10 à 40 %60 à 90 %Horizon long permettant d'absorber les baisses

Comment construire et piloter sa répartition ?

  1. Définissez l'horizon de chaque somme placée : l'argent d'un apport immobilier et celui de votre retraite n'ont pas la même place.
  2. Choisissez des unités de compte diversifiées (fonds monde, ETF larges, immobilier collectif) plutôt que des paris sectoriels.
  3. Étalez l'entrée sur les marchés par des versements programmés ou l'option d'investissement progressif.
  4. Rééquilibrez une fois par an : si les actions ont monté, elles pèsent plus que prévu dans le contrat.
  5. Sécurisez progressivement vers le fonds en euros à l'approche de l'échéance, par exemple sur les trois dernières années.
  6. Vérifiez les conditions d'accès au fonds en euros : certains contrats imposent un minimum d'unités de compte à chaque versement.
Avant de choisir une répartition, posez-vous une seule question : si mon contrat affichait moins 20 % l'an prochain, est-ce que je vendrais ? Si la réponse est oui, votre part d'unités de compte est trop élevée, quelle que soit la théorie.

Gestion libre ou gestion pilotée ?

En gestion libre, vous choisissez vous-même les supports et les arbitrages. En gestion pilotée (ou sous mandat), un professionnel applique une allocation correspondant à un profil prudent, équilibré ou dynamique, moyennant des frais supplémentaires. La gestion pilotée convient à ceux qui ne souhaitent pas suivre leur contrat ; la gestion libre, à frais réduits, demande un minimum de discipline. Pour arbitrer entre les deux et calibrer votre répartition, vous pouvez être mis en relation avec un conseiller partenaire indépendant.

Questions fréquentes

En principe non : le capital est garanti par l'assureur. Deux nuances : certains contrats garantissent le capital brut de frais de gestion (une année à rendement nul ferait perdre les frais), et la loi Sapin 2 autorise, en cas de crise grave, un blocage temporaire des rachats.

Passer à l'action

Comparez gratuitement et recevez des offres adaptées à votre situation.

Parler à un conseiller