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Énergie

Quelle puissance de compteur choisir : 3, 6, 9 ou 12 kVA ? Calcul et coût

Trop faible, le compteur disjoncte ; trop élevée, la puissance vous coûte 40 à 90 € par an pour rien. La méthode pour trouver le bon calibre, et ce qu'il en coûte de changer.

6 min de lecture Mis à jour le Par l'équipe éditoriale Komparix
Personne réglant un thermostat connecté dans un salon chaleureux au crépuscule

La puissance souscrite est le paramètre le plus négligé d'un contrat d'électricité. Choisie une fois à l'emménagement, souvent par défaut, elle détermine pourtant le montant de votre abonnement et la capacité de votre logement à faire fonctionner plusieurs appareils en même temps. Avec l'arrivée des pompes à chaleur et des bornes de recharge, la question redevient d'actualité dans de nombreux foyers.

Puissance de compteur en kVA : définition

La puissance souscrite, exprimée en kilovoltampères (kVA), est la puissance maximale que vous pouvez appeler simultanément sur votre installation. Pour un usage domestique, 1 kVA équivaut en pratique à 1 kW : un compteur de 6 kVA permet donc de faire fonctionner en même temps des appareils totalisant environ 6 000 W. Les puissances disponibles pour les particuliers vont de 3 à 36 kVA. Jusqu'à 12 kVA, l'installation est généralement en monophasé ; au-delà, ou pour certains équipements (grosse pompe à chaleur, borne 11 ou 22 kW), elle passe en triphasé, où la puissance se répartit sur trois phases.

Quelle puissance de compteur pour quel logement ?

PuissanceLogement et équipements typesAbonnement annuel TTC indicatif (TRV base)
3 kVAStudio sans chauffage électrique ni plaques puissantes, résidence secondaire peu équipée≈ 120 €
6 kVAAppartement jusqu'à 80 m² ou maison chauffée au gaz, usage standard : la puissance de la majorité des foyers≈ 165 €
9 kVALogement tout électrique de 60 à 100 m², pompe à chaleur de taille moyenne, véhicule électrique sur prise renforcée≈ 210 €
12 kVAGrande maison tout électrique, borne de recharge 7 kW, chauffe-eau et plaques à induction≈ 250 €
15 à 18 kVATrès grande maison, piscine chauffée, plusieurs gros appareils simultanés≈ 290 à 330 €
24 à 36 kVA (triphasé)Borne 22 kW, atelier, pompe à chaleur géothermique puissante≈ 400 € et plus

Les montants d'abonnement sont ceux du tarif réglementé en option base, arrondis ; les offres de marché appliquent des écarts du même ordre entre paliers. À titre indicatif, environ sept foyers sur dix sont en 6 kVA.

Comment calculer la puissance dont vous avez besoin ?

Le calcul repose sur la simultanéité : additionnez la puissance des appareils susceptibles de fonctionner en même temps au moment le plus chargé de la journée, typiquement un soir d'hiver, puis ajoutez une marge de 20 %. Les puissances ci-dessous sont des ordres de grandeur, à vérifier sur les plaques signalétiques.

  • Plaques à induction : 3 à 7 kW au maximum, rarement toutes les zones à pleine puissance.
  • Four : 2 à 3,5 kW ; lave-vaisselle, lave-linge : 2 à 2,5 kW en phase de chauffe ; sèche-linge : 2,5 à 3 kW.
  • Chauffe-eau électrique : 2 à 3 kW, souvent programmé la nuit.
  • Radiateurs électriques : 1 à 2 kW chacun, soit 6 à 10 kW pour un logement de 80 m² en plein hiver.
  • Pompe à chaleur : 2 à 5 kW en fonctionnement, davantage si l'appoint électrique s'enclenche.
  • Recharge de véhicule électrique : 2,3 kW sur prise domestique, 3,7 kW sur prise renforcée, 7,4 kW sur borne monophasée.

Exemple : un appartement de 70 m² chauffé au gaz, avec plaques à induction (4 kW utilisés), four (2,5 kW) et lave-linge (2 kW) en même temps, appelle au plus 8,5 kW pendant quelques minutes, mais rarement tout cela à la fois : 6 kVA suffit dans la pratique. La même surface en tout électrique, avec 6 kW de radiateurs en route, atteindra 9 kVA dès que la cuisine s'y ajoute.

Pourquoi mon compteur disjoncte-t-il ?

Un compteur Linky coupe l'alimentation lorsque la puissance appelée dépasse la puissance souscrite pendant plus de quelques secondes ; l'afficheur indique alors « PUISSANCE DÉPASSÉE ». Les anciens disjoncteurs électromécaniques toléraient des dépassements plus longs, d'où l'impression, à la pose du nouveau compteur, de disjoncter plus souvent avec les mêmes appareils. Pour réarmer, baissez puis remontez le disjoncteur général après avoir éteint un appareil. Si cela se produit plusieurs fois par mois, deux solutions : décaler les usages (chauffe-eau la nuit, lave-linge hors des heures de cuisson) ou augmenter la puissance.

Combien coûte un changement de puissance ?

La demande se fait auprès de votre fournisseur, jamais directement auprès d'Enedis. Avec un compteur Linky, la modification est réalisée à distance, généralement sous 24 heures, pour quelques euros (environ 4 € à titre indicatif). Avec un ancien compteur, un technicien doit intervenir sur le disjoncteur : comptez environ 40 € et un délai de quelques jours. Le passage du monophasé au triphasé, ou au-delà de 12 kVA, peut nécessiter des travaux sur le branchement, devisés au cas par cas. Le changement de puissance est l'occasion de revoir l'option tarifaire et de comparer les offres, puisque l'abonnement varie fortement d'un fournisseur à l'autre.

  1. Consultez sur votre espace Enedis la puissance maximale atteinte chaque jour (Pmax) sur les douze derniers mois.
  2. Comparez cette Pmax à votre puissance souscrite : un écart de plus de 2 kVA laisse une marge de baisse ; une Pmax régulièrement proche du plafond justifie une hausse.
  3. Contactez votre fournisseur (espace client ou téléphone) pour demander la nouvelle puissance ; l'intervention est programmée ou réalisée à distance.
  4. Vérifiez sur la facture suivante que l'abonnement a bien été recalculé au prorata.

Faut-il baisser sa puissance pour payer moins cher ?

Passer de 9 à 6 kVA fait économiser environ 45 € par an au tarif réglementé, et de 6 à 3 kVA à peu près autant. C'est appréciable, à condition que l'installation suive : une disjonction en pleine cuisson ou en pleine nuit d'hiver coûte vite plus cher en confort que l'économie réalisée. En 3 kVA, l'option heures creuses n'est pas proposée et les plaques à induction deviennent délicates à utiliser. La bonne approche consiste à partir de votre Pmax réelle plutôt que d'une estimation théorique, et à ne descendre que si elle laisse une marge confortable.

Avant de modifier la puissance, regardez la Pmax de janvier et février sur votre espace Enedis : c'est en hiver, avec le chauffage et l'eau chaude, que votre installation appelle le plus de puissance. Une baisse décidée en été se traduit souvent par des coupures à la première vague de froid.

Questions fréquentes

6 kVA, choisie par environ sept foyers sur dix. Elle convient à la plupart des appartements et aux maisons qui ne se chauffent pas à l'électricité.

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